Barbe fuit avec les filles du village

Antoun attend Souade et Rajane, ses deux cousines, ils se sont donnés rendez-vous devant l’église. Il voit  deux figures au loin dans la nuit, déguisées en bédouines, Antoun est en bédouin lui aussi. Leurs visages sont couverts de leurs écharpes.

Antoun porte son derbouka en bandoulière et Souade a un tambourin à la main. La tournée va commencer. Ils feront le tour des maisons du villages, dans chaque maison ils vont jouer de la musique, danser, chanter toujours le même refrain « Barbe fuit avec les filles du village, je l’ai reconnue à ses yeux ». Ils commencent par la maison de Antoun et Sayidi El Jerdi, les grands parents paternels d’Antoun et maternels de Souade et Rajane. Les prénoms des garçons se transmettent, le garçon aîné appelle son premier fils du nom de son père.

Antoun grand-père ouvre la porte aux trois jeunes, il fait semblant de ne pas les reconnaître, néanmoins il ne peut s’empêcher de faire un clin d’oeuil à ses petits-enfants.

Les jeunes rentrent dans la maison, il y a une grande pièce, elle sert de salle de séjour, de salle à manger et puis la nuit on roule les matelas en laine et déplie les couvertures et la pièce devient chambre à coucher.

Un braséro brûle au milieu de la pièce, dans le feu Antoun grand-père grille des glands, dits les châtaignes des pauvres, et des pommes de terres, au dessus du braséro un morceau de pain couvert de fromage est posé sur une grille et crépite au rythme du feu. Grand-père se précipite pour tout enlever du feu et laisse la place aux jeunes. ces derniers dansent autour du feu, le jeune Antoun tape sur sa derbouka et se pliant en deux à chaque mesure, Souade a la main droite levée  très haut et bouge son tambourin en rythme, sa main gauche tient la main main droite de sa soeur. Les trois tournent une dizaine de fois autour du feu en répétant le même chant.

Quand ils ont fini, grand-père donne 2 pièces de cuivre à chacun et une poignée de figues et dattes séchées;  grand-mère se précipite dans la cuisine et revient avec un plateau de cuivre sur lequel il y 3 bols de blé cuit arrosé d’eau de fleur d’oranger et couvert de cerneaux de noix, d’amandes décortiquées et de raisins secs.

Les jeunes découvrent leurs visages, saluent de nouveau leurs grand-parents et s’installent sur le sofa pour déguster les desserts. Et puis ils iront visiter les autres maisons du village. Ils auront des pièces de monnaie et des fruits séchés pour Noël.

Le lendemain, 4 décembre, les chrétiens du Liban célèbrent Sainte-Barbe. Une jeune fille du début de notre ère, fille d’un seigneur local romain, elle se convertit au christianisme. Son père veut la tuer, elle se déguise et fui avec ses amies chrétiens. Les soldats les poursuivent, elles se cachent dans un champ de blé et elles ont la vie sauve. Plus tard, Barbe meurt en martyr, ce jour de fête célèbre uniquement sa fugue.

Sainte Barbe


 

Le jour de la Sainte-Barbe, nous installons l’arbre et la décoration de Noël, les enfants étalent du coton dans des petites assiettes et les parsèment de graines de blés, de lentilles ou de pois chiches. Arrosés tous les jours, ces graines germent et donnent des plantes d’une vingtaine de centimètres qui décoreront la crèche de Noël.

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2 commentaires sur “Barbe fuit avec les filles du village

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