Une mission d’audit à New York

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Le taxi jaune me pose devant la porte d’un hôtel. Une porte noire incrustée dans un cadre noir et surplombée d’un auvent noir. Je franchis la porte et me retrouve devant un bureau de réception d’un rouge flamboyant, un cadre très différent des autres hôtels. D’habitude les hôtels se font très discrets le voyageur ne doit rien remarquer d’inhabituel mais cet hôtel à quelque chose de différent cet hôtel marque l’esprit du voyageur. L’ascenseur à des parois noires, nous sommes baignés dans une faible lumière rouge. Quand la porte se referme je suis dans une presque obscurité et j’entends le bruit d’une cascade. j’ignore la provenance, je recherche des enceintes, je n’en trouve aucune. le bruit a l’air de sortir de derrière les parois caché un peu partout autour de cet ascenseur ou bien est-ce que je franchis une vraie cascade de vingt étages.

Est-ce que la chambre à des murs noirs. je ne vais jamais pouvoir dormir dans ce décor. Je pousse la porte à première vue la chambre est normale, un lit double impeccable et impersonnel. Une chambre comme pleins d’autres dans tous les hôtels d’affaires du monee. Un écran télé avec un message d’accueil à mon nom et le bruit de la cascade de l’ascenseur est remplacé par un gazouillis d’oiseaux, une pancarte à côté de la télé décrit tous les bruits de relaxation disponibles; le CD est en vente à l’accueil. Avec la télécommande, je fais le tour de ces bruits: une rivière, une mer presque calme, une autre peu agitée, une troisième très agitée, une tempête, un feu de bois qui crépite, un café encombré où l’on distingue des voix mais sans comprendre le moindre mot. Je continue mes expériences avec un bruit de Square, une pluie fine et ainsi de suite. Ajouté au parfum d’encens de la chambre, le décor me transporte et j’oublie d’envoyer un message pour prévenir de mon arrivée.

Je fais le tour de la chambre, qui peut bien être la clientèle de cet hôtel je regarde dans les placards, sous le lit, dans les tiroirs, il n’y a rien, il n’y a aucun signe d’un passage, aucun signe de vie, jamais personne n’a laissé de marques de son passage. Tout a été nettoyé, aspiré, rangé, retourné, cette chambre ne veut rien révéler, elle ne raconte aucune histoire comme si elle a été créée pour moi et elle est là uniquement pour m’accueillir.

Je me réveille avant l’aube. Je ne m’habitue jamais au décalage horaire, je cherche une occupation, il faut attendre des heures avant de rejoindre le bureau. Plusieurs revues sont posées sur la table en éventail, il y a timeout, je lis les programmes des spectacle sur Broadway, les expos à la mode, les concerts. Enormément d’événements magnifiques, je n’irai voir aucun. Eh oui, je suis dans une ville magnifique, il se passe plein d’événements et je partirai sans la moindre visite. Pour un voyage d’affaire, timeout est plus une frustration qu’un épanouissement, je vais travailler toute la journée et puis, le soir, je vais m’enfermer dans cette chambre pour rédiger mon rapport en écoutant les musiques de concentration du disque.

J’attrape le classeur de l’hôtel, il contient des pochettes transparentes la première avec les horaires des restaurants et de la salle de sport, elle ouvre dans une heure, la deuxième présente les tarifs de la teinturerie et une troisième contient le menu du room service. Cette pochette est un peu trop épaisse je finis par sortir les deux pages du menu de leur pochette et je retrouve entre ces deux feuilles je découvre une autre feuille pliée en deux, une page blanche avec trois mots:  CARPE DIEM Mark. Qui est ce Mark? Pourquoi a-t-il laissé une lettre à un inconnu? Quand? peut-être hier, peut-être l’an dernier, qui sait. L’état de la feuille ne révèle rien. Pourquoi ce message est-il toujours là d’où vient t-il? Mark porte un prénom anglo-saxon classique cela n’indique rien de ses origines il est peut-être américain, anglais, australien, sud-africain ou autre. Qui sait?

Je m’allonge sur le lit et je pense aux messages de Mark, au bout d’un moment je me réveille en sursaut je reprends timeout et j’organise ma semaine. Non, je ne passerai aucune soirée à rédiger mon rapport, je m’organiserai pour faire le minimum de notes et je finirai mon rapport pendant le vol. Tant pis si je rends 2 jours plus tard, tant pis si pour une fois je ne fais pas d’excès de zèle.

Je vais cueillir le jour présent.


 

J’adore toutes formes d’art et c’est vrai qu’en allant au MOMA de New York il faut s’attendre à tout. Mais là, franchement cela dépasse les limites. Qu’en pensez-vous ?

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