Un tour de danse

Nous nous retrouvions tous les mercredis à la même heure à ce cours de danse. Chacun de nous avait passé une journée mouvementée au bureau avec les événements de tous les jours. Des urgences une fois traitées, elles sortaient à tout jamais des mémoires. Toute la journée, nous avions prévenu les collègues: « n’oubliez pas ce soir je pars tôt, j’ai de la gym », comme si parler de danse n’était pas très sérieux pour un jeune cadre, il vaut mieux dire gym, sport que tout cadre stressé devait pratiquer, « s’il y a une urgence après 6 heures, ce sera pour vous ou pour demain ».

Chacun de nous couru pour rattraper son métro, pour faire sa correspondance et enfin pour pouvoir rejoindre le club. Sans se voir, chacun se changea dans son vestiaire, le costume ou le tailleur gris anthracite furent changés pour des tenues de sport colorées, les chaussures de ville par des baskets très voyants et surtout confortables.

Nous nous retrouvâmes dans cette grande salle, le professeur plaça les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Nous nous saluâmes discrètement alors que le professeur eu commencé à montrer le pas de la danse. Chaque mercredi, l’effet de surprise, quelle danse eut-il choisi? un rock endiablé à éliminer toutes les frustrations de la journée et du métro; un tango trop difficile, compter les vites et les lents sans se tromper; ou un paso doble, où chaque homme gonfla son torse en se prenant pour un toréador puissant et fier. « Messieurs vous êtes les toréadors et mesdames les capes », disait-il. Avec toute la beauté et la grâce de la cape, je trouvai cette phrase dévalorisante pour les dames.

Après les explications, les exercices. Au début les hommes répétèrent leurs pas de leurs côtés et les femmes du leur. Une fois le pas maîtrisé, les hommes en cercle dos aux murs et les femmes en face, et la danse commença en musique, danser quelques pas avec son partenaire avant un changement de partenaire. Quand c’est à notre tour de danser ensemble, nous racontâmes toute sa journée, le métro, le cours de danse, les projets de la soirée, la danseuse d’en face qui ne reteint jamais le pas de base et continua à écraser les pieds des hommes. Ces quelques secondes furent tellement remplies que certains de nos vites et lents furent mélangés.

Vingt ans plus tard quand nous avons l’accasion de danser, nos pas de bases restent aussi difficiles mais ce n’est pas une raison de désespérer, un jour nous atteindrons la perfection et nous dépasserons ce couple de grands-parents toujours aussi impressionnants par leur grâce et leur dextérité.

 

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